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La Mer , vidéo numérique, 2'09 en boucle. 2008@Eliane Chiron (Montage, traitement d'image et son : Hervé Penhoat)

Le monde serait inhabitable. On pourrait seulement habiter le vide constituant des images que l'on fait, rempli du BRUIT CONFUS DE LA MER, DES TEMPETES, DES GUERRES, DU SANG.

La Mer

J'ai filmé l'Atlantique en France, face au soleil couchant, à marée haute, à l'approche de Noël 2007,

les pieds dans l'eau glacée, au plus près des déferlantes,

faisant corps avec la vague et la caméra.

Au montage, j'ai voulu que la mer soit comme un tsunami, menace lente, palpable, venue du fond des temps, pourtant si proche, à chaque seconde,

MIGRANT SUR LE MUR, SUR L'ÉCRAN.

Le rouge est au début

D'une vidéo à l'autre ,

L'océan migre entre France et Brésil, entre guerre mondiale et mémoire de dictature : grâce au numérique, puissance mutagène, la haute marée de Noël

mute en vagues humaines et inversement.

J' HABITE LA DÉFLAGRATION DE L'IMAGE,

au point où l'écume devient la neige, le feu le sang, le jour la nuit,quand À MIDI, à toute volée, déferlent les revenants.

Ceux du Vel' d'Hiv de juillet 1942, tout près d'ici ?

Ces revenants sont mes représentants.

Parfois, comme eux, je me sens INVISIBLE aux autres, et parfois TROP visible.

C'est pourquoi peut-être, en tant qu'artiste, je vois si bien l'invisible.

Serais-je comme TOUTES ces femmes du film Volver d'Almodovar ?

MUTANTES

HORS LA LOI